Portugal · Continental
Alentejo
L'APA applique un Plan de Contingence pour la Sécheresse axé sur l'irrigation de l'Alqueva, la plus grande réserve artificielle d'Europe.
Organisme compétent
Agência Portuguesa do Ambiente (APA)Plan sécheresse
Plano de Contingência para a Seca
Seuil concession
Título de utilização (TURH)
Bassins
Contexte territorial
Plan sécheresse et niveaux de gravité
Le Plan Spécial établit des seuils hydrologiques qui activent des scénarios progressivement plus restrictifs. Chaque scénario est associé à un paquet de mesures sur les usages de l'eau.
Contenu du livrable
Stratégies pour la gestion de la pénurie d'eau au moyen de solutions numériques en Alentejo
1. Introduction
Le changement climatique est aujourd'hui un phénomène indéniable, confirmé par les tendances climatiques mises en évidence par les données observées et par les projections futures d'augmentation de la température et de diminution des précipitations, l'augmentation conséquente de l'aridité et l'accroissement de la fréquence et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes (ENAAC 2013, 2020). Ils méritent une attention à l'échelle mondiale et, en particulier, dans les climats les plus sensibles tels que le climat tempéré méditerranéen.
Les conditions climatiques méditerranéennes qui prévalent sur le territoire continental font de l'eau le principal facteur limitant de la production agricole. Bien que les précipitations annuelles soient, en moyenne, suffisantes, elles ne sont pas uniformément réparties, présentant une grande variabilité au cours de l'année (intra-annuelle) et entre les années (interannuelle). Pour cette raison, il est essentiel de régulariser la disponibilité et le stockage de l'eau pour l'agriculture et pour l'approvisionnement public (usage prioritaire).
L'évaluation de la vulnérabilité des systèmes de production est un aspect de plus en plus pris en compte dans les travaux sur les impacts et l'adaptation à la variabilité et au changement climatiques. Le secteur de l'irrigation, en ce qui concerne la variabilité climatique actuelle et l'anticipation des vulnérabilités futures, représente un exemple important des défis qui se posent lorsque l'on souhaite intégrer de multiples éléments dans une évaluation de la vulnérabilité (Dow et al. 2007).
L'irrigation est une activité stratégique de développement du territoire portugais, qui joue un rôle déterminant dans la réduction de la vulnérabilité des systèmes de production, en favorisant la régularisation de la disponibilité de l'eau pour les cultures. Les processus d'optimisation de l'efficacité de l'utilisation de l'eau et d'augmentation de la capacité de stockage de celle-ci sont des aspects essentiels pour garantir une agriculture durable sur les plans économique et environnemental.
Selon Pires et al. (2018), les principaux impacts du changement climatique sur l'agriculture sont causés par l'augmentation de la température, la diminution des précipitations, les phénomènes extrêmes de chaleur, l'augmentation de l'évaporation et l'allongement de la période sèche estivale. Les principales modifications de nature agronomique se feront sentir surtout au niveau de la productivité et des besoins en irrigation des cultures.
Les besoins en irrigation des cultures sont affectés par les précipitations (dont le nombre d'événements tendra à diminuer, bien qu'avec une plus grande intensité, ce qui entraîne de plus grandes pertes par drainage et ruissellement de surface), par la transpiration des plantes et l'évaporation du sol (causées par l'augmentation de la température). Étant donné que les sorties d'eau du système sont supérieures aux entrées, on prévoit des augmentations du besoin en irrigation des cultures (Rolim et al. 2017). Dans le cas particulier de l'agriculture en sec, on observera une augmentation du déficit hydrique qui se traduit par des baisses de production (Rolim et al. 2017), pouvant rendre cette pratique non viable pour certaines cultures/régions.
De manière complémentaire, la productivité des plantes est affectée à la fois par l'augmentation de la température et par l'augmentation du dioxyde de carbone, qui présentent des conséquences antagonistes (Brandão, 2006). L'augmentation de la température raccourcit le cycle des cultures et donc leur productivité. Les températures élevées augmentent également l'activité métabolique des plantes, en réduisant leur taux photosynthétique net. D'autre part, l'augmentation du CO2 accroît le taux photosynthétique des feuilles et, naturellement, la productivité.
En raison de la réduction prévue des ressources en eau disponibles (Iglesias et al. 2005), du changement de la distribution annuelle des pluies (Moreno 2005) et des exigences en eau pour l'irrigation (Mínguez et al. 2005), il y aura un impact sur la performance des Aménagements Hydro-agricoles.
La figure 1 présente la localisation des aménagements hydro-agricoles du sud du Portugal, et le tableau 1 présente les caractéristiques hydrauliques des réseaux d'adduction et de distribution des aménagements hydro-agricoles, les dates de leur construction, les superficies bénéficiaires et la capacité totale de stockage (hm³). La région de l'Alentejo dispose d'une capacité totale de stockage en irrigation collective de 5580,80 hm³.
Tableau 1 – Aménagements hydro-agricoles dans la région Alentejo
| Aménagement hydro-agricole | Bassin versant | Origine de l'eau : Retenue/Cours d'eau | Capacité totale de stockage (hm³) |
|---|---|---|---|
| Divor | Tage | Divor | 11,9 |
| Minutos | Tage | Minutos | 52,1 |
| Veiros | Tage | Veiros | 10,3 |
| Complementar ao AH Odivelas | Sado | Alvito | 132,5 |
| Campilhas e Alto Sado | Sado | Campilhas | 27,156 |
| Campilhas e Alto Sado | Sado | Fonte Serne | 5,15 |
| Campilhas e Alto Sado | Sado | Migueis | 0,9386 |
| Campilhas e Alto Sado | Sado | Monte Gato | 0,6533 |
| Campilhas e Alto Sado | Sado | Monte de Rocha | 104,5 |
| Odivelas | Sado | Odivelas | 96 |
| Roxo | Sado | Roxo | 96,311 |
| Vale do Sado | Sado | Pego do Altar | 94 |
| Vale do Sado | Sado | Vale do Gaio | 63 |
| Mira | Mira | Corte Brique | 1,636 |
| Mira | Mira | Santa Clara | 485 |
| Xevora | Guadiana | Abrilongo | 19,9 |
| Caia | Guadiana | Caia | 203 |
| Lucefecit | Guadiana | Lucefecit | 10 |
| Vigia | Guadiana | Vigia | 16,725 |
| EFMA | Guadiana | Alqueva | 4150 |
La réévaluation des garanties d'approvisionnement en eau pour l'irrigation déterminées en projet pour les aménagements hydro-agricoles, en tenant compte des usages consommateurs actuels, des réserves écologiques et des effets des changements climatiques, est essentielle pour l'irrigation, dont la viabilité résulte de l'équilibre entre les besoins en eau des cultures (en considérant les systèmes culturaux et les technologies d'irrigation) et les disponibilités en eau utiles dans les diverses origines, retenues ou rivières, c'est-à-dire en déduisant les pertes d'eau par évaporation.
2. Administration hydraulique
La Directive-cadre sur l'Eau (DCE) de l'Union européenne (Directive 2000/60/CE) est le principal cadre légal pour la gestion de l'eau dans l'UE, avec pour objectif de protéger toutes les formes d'eau (de surface, souterraines, côtières et de transition). Ses objectifs incluent la réduction de la pollution, la restauration des écosystèmes et la garantie de l'utilisation durable des ressources en eau.
La Loi nº 58/2005, du 29 décembre (Loi sur l'Eau), a transposé dans l'ordre juridique national la Directive nº 2000/60/CE, du Parlement européen et du Conseil, du 23 octobre (Directive-cadre sur l'Eau), et a établi les bases pour la gestion durable des eaux et le cadre institutionnel pour le secteur correspondant, fondé sur le principe de la région hydrographique comme unité principale de planification et de gestion, tel qu'imposé par la directive susmentionnée.
Parmi les principes qui guident la gestion des ressources en eau nationales figurent le principe de la valeur sociale de l'eau, par lequel on reconnaît qu'elle constitue un bien de consommation auquel tous doivent avoir accès pour satisfaire leurs besoins élémentaires, le principe de la dimension environnementale de l'eau, par lequel on reconnaît qu'elle constitue un actif environnemental qui exige une protection capable de lui garantir une utilisation durable, et le principe de la valeur économique de l'eau, par lequel on reconnaît que l'eau, constituant une ressource rare, doit avoir une utilisation efficace, l'utilisateur de l'eau étant confronté aux coûts et bénéfices qui lui sont inhérents.
La planification des ressources en eau est effectuée par Région Hydrographique (RH), pour laquelle ont été élaborés des Planos de Gestão de Região Hidrográfica, sur la base des bassins versants qui la composent. Cette planification des ressources en eau, en plus de répondre aux dispositions de la Directive nº 2000/60/CE, du Parlement européen et du Conseil, du 23 octobre, et d'être conforme à la matrice de planification et de gestion des eaux, prévue par la Loi sur l'Eau, permet également que les plans de gestion soient pleinement articulés entre eux. On atteint ainsi une harmonie souhaitable dans la planification et la gestion des eaux au niveau de chacune des régions hydrographiques, sans préjudice de leur nécessaire articulation et harmonisation avec le Plano Nacional da Água.
La Région Hydrographique de l'Alentejo, qui s'étend sur une vaste zone du Portugal, est principalement constituée des bassins versants des rivières Sado et Mira, et d'une partie du bassin du Guadiana.
Les plans de gestion de bassin versant sont précédés d'une évaluation environnementale, conformément au Décret-Loi nº 232/2007, du 15 juin, et constituent des instruments de planification des eaux qui, visant la gestion, la protection et la valorisation environnementale, sociale et économique des eaux au niveau du bassin versant.
L'APA, Agência Portuguesa do Ambiente, I. P. (APA, I. P.), est l'institution de l'Administration publique à laquelle il incombe d'exercer les compétences prévues par la Loi sur l'Eau, en tant qu'autorité nationale de l'eau, représente l'État en tant que garant de la politique nationale et poursuit ses attributions, au niveau territorial, de gestion des ressources en eau, y compris la planification, l'octroi de licences, le suivi et l'inspection au niveau de la région hydrographique, par l'intermédiaire de ses services déconcentrés.
La représentation des secteurs d'activité et des utilisateurs des ressources en eau est assurée par les organes consultatifs suivants :
- a) Le Conselho Nacional da Água (CNA), en tant qu'organe consultatif du Gouvernement en matière de ressources en eau ;
- b) Les conseils de région hydrographique (CRH), en tant qu'organes consultatifs de l'APA, I. P., en matière de ressources en eau, pour les bassins versants respectifs qui y sont intégrés. L'articulation des instruments d'aménagement du territoire avec les règles et principes découlant de la loi et des plans des eaux qui y sont prévus, ainsi que l'intégration de la politique de l'eau dans les politiques transversales de l'environnement, sont assurées en particulier par les commissions de coordination et de développement régional (CCDR).
Conformément à ce qui est établi dans la Loi sur l'Eau, il incombe à l'Autorité de l'Eau (l'APA) de déclarer la situation d'alerte en cas de sécheresse et d'initier, en articulation avec les entités compétentes et les principaux utilisateurs, les mesures d'information et d'action appropriées, ainsi que de promouvoir l'utilisation efficace de l'eau par la mise en œuvre d'un programme de mesures préventives applicables en situation normale et de mesures impératives applicables en situation de sécheresse (alinéas o) et p) du point 1, Article 8º).
3. Droits d'utilisation de l'eau
La Loi sur l'Eau établit le cadre pour la gestion des eaux de surface, notamment les eaux intérieures, de transition et côtières, et des eaux souterraines. En vertu de la Loi sur l'Eau, les activités considérées comme ayant un impact significatif sur l'état des eaux ne peuvent être développées que sous couvert d'un Titre d'Utilisation des Ressources en Eau (TURH).
Ces Titres – qui peuvent prendre la forme d'une licence, d'une concession ou d'une autorisation – sont délivrés par l'Agência Portuguesa do Ambiente (APA) et sont essentiels, par exemple, pour le captage d'eau pour l'irrigation, pour l'ouverture d'un forage ou pour la construction d'un barrage.
En ce sens, ce régime consacre les droits attribués à l'utilisateur et encadre avec précision les conditions dans lesquelles l'administration peut recourir au mécanisme de la révocation d'un titre, étant, dans tous les cas, nécessaire l'audition préalable du titulaire de l'utilisation.
Ce régime a également des préoccupations de simplification administrative, en mettant en place des mécanismes visant à rendre plus rapide l'attribution des titres d'utilisation. Dès lors, aux côtés des figures de la concession et de la licence, est introduite la figure de l'autorisation pour certaines utilisations des ressources en eau particulières, telles que les constructions, l'implantation, la démolition, la modification ou la réparation d'infrastructures hydrauliques et le captage d'eau.
Comme indiqué précédemment, la Loi sur l'Eau établit le cadre pour la gestion des eaux de surface, notamment les eaux destinées à l'irrigation dans le secteur agricole. Dans ce domaine, nous avons un deuxième niveau de gouvernance, dans lequel la Direção Geral de Agricultura e Desenvolvimento Rural (DGADR) est investie comme Autorité Nationale de l'Irrigation. À ce titre, la DGADR a pour mission de contribuer à la formulation de la stratégie, des priorités et des objectifs et de participer à l'élaboration des plans, programmes et projets dans le domaine de l'irrigation ; représenter le Ministère de l'Agriculture dans les matières liées à l'utilisation de l'eau dans l'agriculture, en participant à la définition de la politique nationale de l'eau et en élaborant, coordonnant, accompagnant et évaluant l'exécution du Plano Nacional dos Regadios ; et créer et maintenir à jour un système d'information sur l'irrigation et sur les infrastructures qui la soutiennent.
Dans l'accomplissement de sa mission, et dans le cadre du Régime Juridique des Travaux des Aménagements Hydro-agricoles (Décret-Loi nº 269/82, du 10 juillet, modifié par le Décret-Loi nº 86/2002, du 6 avril), il incombe à la DGADR de promouvoir l'octroi du contrat de concession pour la conservation et l'exploitation des aménagements hydro-agricoles (zones avec infrastructure hydraulique destinée à l'irrigation agricole, associées à une origine d'eau), et de gérer ce contrat, étant entendu que la conservation et l'exploitation seront sous la responsabilité des associations de bénéficiaires et d'irrigants. Ces associations sont des personnes morales de droit public, soumises à la reconnaissance formelle du Ministère de l'Agriculture, constituées par les agriculteurs ayant des exploitations à l'intérieur de l'aménagement hydro-agricole. En vertu du contrat de concession, l'eau destinée à l'irrigation dans ces aménagements hydro-agricoles est limitée par le TURH émis pour cette origine d'eau. Dans la gestion du contrat de concession, la DGADR exerce un rôle de tutelle sur ces associations de bénéficiaires.
Cela dit, il convient de mentionner que le gouvernement actuel a approuvé une stratégie relative à l'eau, dans toutes ses valences – la stratégie « Água Que Une » –, qui va modifier la gouvernance de la gestion de l'eau au Portugal, en redéfinissant les fonctions et les compétences de certains organismes et en créant d'autres entités qui auront un rôle central dans la gestion des ressources en eau.
4. Plans de contingence pour les situations de sécheresse
Le Plano de Prevenção, Monitorização e Contingência para Situações de Seca, prévu par la Résolution du Conseil des Ministres nº 80/2017, du 7 juin et approuvé le 19 juillet de cette année par la Comissão Permanente de Prevenção, Monitorização e Acompanhamento dos Efeitos da Seca, a pour objectifs d'uniformiser les concepts, d'harmoniser les procédures d'action, de définir les seuils d'alerte de sécheresse agrométéorologique et de sécheresse hydrologique et les mesures associées, ainsi que de clarifier les entités responsables à chaque niveau d'action.
Le plan est développé en considérant les thématiques suivantes :
- a) Prévention : synthèse des plans stratégiques existants et présentation de quelques recommandations pour le futur ;
- b) Surveillance : description des moyens existants de surveillance des facteurs météorologiques et de l'humidité du sol, des activités agricoles, des ressources en eau ;
- c) Contingence : définition d'indicateurs et de niveaux à partir desquels on doit déclarer une situation de sécheresse et quelles sont les entités responsables de sa déclaration ; définition des niveaux d'intervention, d'articulation et de responsabilisation de l'Administration publique dans des situations d'urgence, y compris l'entité qui détient la compétence de mobilisation institutionnelle face à une situation de sécheresse.
Le Plan est issu de la contribution des entités suivantes, désignées sous le nom de GTSeca :
- Agência Portuguesa do Ambiente – APA ;
- Associação Nacional de Municípios Portugueses – ANMP ;
- Autoridade Nacional de Proteção Civil – ANPC ;
- Direção-Geral de Agricultura e Desenvolvimento Rural – DGADR ;
- Direção-Geral de Energia e Geologia – DGEG ;
- Entidade Reguladora dos Serviços de Águas e Resíduos – ERSAR ;
- Gabinete de Planeamento, Políticas e Administração Geral – GPP, qui a coordonné ;
- Instituto da Conservação da Natureza e das Florestas – ICNF ;
- Instituto Português do Mar e da Atmosfera – IPMA.
Prévention :
De la réflexion du groupe ressortent certaines mesures structurelles et non structurelles qui devraient être suivies afin de minimiser les impacts d'une sécheresse, notamment :
- La préparation et la prévision de mesures de gestion pour les périodes de sécheresse comme mesure préventive ;
- Régularisation du cycle hydrologique, en favorisant l'infiltration et la recharge des aquifères et le stockage de surface ;
- Planification agricole des périmètres irrigués, en tenant compte du type de cultures et de la saisonnalité des précipitations, face aux besoins en eau ;
- Planification au niveau de l'exploitation agricole, avec la responsabilisation de l'agriculteur lui-même dans l'orientation et la gestion de son activité, notamment dans l'adoption de bonnes pratiques d'utilisation efficace de l'eau et la mise à disposition de réserves minimales adéquates pour garantir l'alimentation et l'abreuvement du cheptel pendant une période déterminée ;
Les concepts, dans le cadre de la Surveillance et de la Contingence, à adopter seront :
- Sécheresse Agrométéorologique - manque d'eau induit par le déséquilibre entre les précipitations et l'évaporation associé à un déséquilibre entre l'eau disponible dans le sol et le besoin des cultures ;
- Sécheresse Hydrologique - réduction des valeurs moyennes des disponibilités en eau de surface et souterraines ;
Surveillance
Identifier les variables instrumentales pour la construction d'indicateurs de sécheresse ;
Clarifier les responsabilités de chaque entité, harmoniser la terminologie et la périodicité à utiliser dans la communication des écarts de la situation météorologique, des stocks d'eau, de l'état des cultures et de la prévision des récoltes, par rapport aux situations de référence, considérées comme normales :
- Précipitations et Teneur en Eau du Sol – IPMA - Mensuel o Agriculture en sec et Élevage Extensif - GPP à partir de DRAP/INE - Mensuel
- Stockage d'Eau souterraine – APA - Mensuel o Stockage d'eau de surface (retenues) – APA - Mensuel
- Stockage dans les Retenues des Aménagements Hydro-agricoles, axé en particulier sur les prévisions de consommation des cultures habituellement pratiquées – DGADR – Hebdomadaire o Gestion du Réseau Électrique – REN
Contingence
Pour une situation d'écart des paramètres surveillés, ont été systématisées les procédures à adopter :
Lorsque l'IPMA détecte un écart dans les paramètres qu'il surveille, susceptibles d'être annonciateurs de sécheresse agrométéorologique, il devra informer la coordination du Groupe de Travail (GTSeca) qui informera la Commission Permanente (Interministérielle), afin d'initier une vigilance plus rapprochée ;
Si cette période se prolonge, dans une première phase, le GTSeca pourra seulement se réunir pour procéder à une évaluation de la situation dans l'agriculture en sec et l'élevage extensif et proposer, si nécessaire, des mesures d'action appropriées ;
Si l'aggravation de la situation de sécheresse persiste, on devra élargir le suivi aux réserves en eau, avec un accent particulier sur celles dont l'objectif est l'approvisionnement public, l'irrigation, et les retenues à fins multiples ;
À cette phase, si l'APA détecte un écart dans les paramètres qu'elle surveille, susceptibles d'être annonciateurs de sécheresse hydrologique, elle active la Commission de Gestion des Retenues, afin d'accompagner les disponibilités en eau face aux besoins des secteurs, en vue d'informer le Groupe de Travail.
Sont proposés 4 niveaux d'Intervention et d'Alerte pour les deux types de sécheresse définis :
Sécheresse Agrométéorologique :
| Niveau d'Intervention | Niveau d'alerte | Catégorie de Sécheresse |
|---|---|---|
| A.0 | Situation Normale | Normal |
| A.1 | Pré-Alerte | Sécheresse modérée |
| A.2 | Alerte | Sécheresse sévère |
| A.3 | Urgence | Sécheresse extrême |
Des mesures d'action ont été définies pour chaque niveau d'intervention :
- Niveau A.0 – Mesures proactives de prévention, de portée générale
- Niveau A.1 – Mesures Volontaires, de portée générale, pour le secteur urbain – consommation municipale et pour le secteur agricole
- Niveau A.2 – Mesures restrictives de certains usages de l'eau et de renforcement des contrôles, de portée générale, pour le secteur agricole et de caractère environnemental
- Niveau A.3 – Mesures à caractère exceptionnel, de portée générale, pour le secteur agricole et de caractère environnemental
Sécheresse Hydrologique :
| Niveau d'Intervention | Niveau d'alerte |
|---|---|
| H.0 | Situation Normale |
| H.1 | Pré-Alerte |
| H.2 | Alerte |
| H.3 | Urgence |
Des mesures d'action ont été définies pour chaque niveau d'intervention, les niveaux d'alerte hydrologique étant établis par bassin versant :
- Niveau H.0 – Mesures proactives de prévention, de portée générale, secteur urbain, sous-secteur de l'irrigation, secteur du tourisme, secteur de l'industrie, secteur énergétique et environnement ;
- Niveau H.1 – Mesures Volontaires, de portée générale, secteur urbain, sous-secteur de l'irrigation, secteur du tourisme, secteur de l'industrie, secteur énergétique et environnement ;
- Niveau H.2 – Mesures restrictives de certains usages de l'eau et de renforcement des contrôles, de portée générale, secteur urbain, sous-secteur de l'irrigation, secteur du tourisme, secteur de l'industrie, secteur énergétique et environnement, qui pourra passer par la révision temporaire des titres d'utilisation des ressources en eau, conformément à l'article 28º du Décret-Loi nº 226-A/2007, du 31 mai ;
- Niveau H.3 – Mesures à caractère exceptionnel, de portée générale, secteur urbain, sous-secteur de l'irrigation, secteur du tourisme, secteur de l'industrie, secteur énergétique et environnement.
Il est important de souligner que les deux volets de sécheresse, agrométéorologique et hydrologique, ne doivent pas être vus de manière isolée même s'ils possèdent des niveaux d'alerte propres et distincts. Cette différenciation permet d'adapter les réponses à chaque situation. Il pourra y avoir des périodes sèches, durant lesquelles le pays se trouve dans une situation de sécheresse agrométéorologique niveau A.3 – Urgence – et où les réserves hydrologiques ne ressentent pas encore les effets de la faible pluviométrie, restant au niveau d'alerte H.1 – Pré-Alerte. Dans ces situations, il est nécessaire de structurer une réponse plus liée à l'agriculture. L'inverse pourrait également se produire, lorsque, au début d'une année hydrologique, les niveaux de précipitations sont proches des normales, comparés aux niveaux moyens, et que les réserves en eau sont très affaiblies, résultat, par exemple, d'une sécheresse prolongée. Dans ce cas, des mesures extraordinaires d'action sont encore nécessaires, pouvant être le Niveau d'Alerte H.3 – Urgence en ce qui concerne la sécheresse hydrologique et dans la sécheresse agrométéorologique le Niveau d'Alerte A.1 – Sécheresse Modérée.
Dans le cadre de la prévention, il existe des mécanismes orientés vers une gestion efficace de l'utilisation de l'eau, qui conditionnent directement ou indirectement les options assumées dans le Plan, notamment dans les domaines de la Surveillance et de la Contingence. Au-delà de cet aspect, des moyens complémentaires sont définis et déjà orientés vers les ressources existantes dans la prévention et la préparation d'une réaction rapide et adéquate à la survenue de sécheresses. Il existe plusieurs programmes et stratégies nationaux et communautaires d'importance extrême et qui se rapportent essentiellement à la gestion de l'eau. Une des lignes les plus pertinentes en matière de prévention est, inévitablement, de prendre conscience que l'eau est un bien naturel fini. Ainsi, il est important de mentionner, de manière brève et générale, les conclusions du Rapport de juin 2012, du Programa Nacional para o Uso Eficiente da Água (PNUEA) :
- Toute l'eau utilisée n'est pas réellement valorisée, il existe encore une composante importante de gaspillage associée aux pertes et à l'utilisation inefficace pour les fins prévues, qui entraînent d'importants préjudices environnementaux, sociaux et économiques ;
- Le PNUEA, axé sur la réduction des pertes d'eau et l'optimisation de l'utilisation de l'eau est, de plus en plus, un instrument de gestion indispensable pour la protection des Ressources en Eau, principalement dans un pays où la variabilité climatique génère fréquemment des situations de pénurie d'eau ;
- La nécessité de mettre en œuvre un programme qui détermine clairement les lignes directrices pour l'utilisation efficace de l'eau, n'a de sens que dans le cadre d'une politique environnementale intégrée et transversale d'efficacité de toutes les ressources ;
- L'étroite articulation du PNUEA avec le secteur énergétique, établie à travers le Plano Nacional de Ação para a Eficiência Energética (PNAEE), est une nécessité incontournable, étant donné l'interdépendance entre ces ressources, étant une priorité dans la phase initiale de diagnostic et de révision des mesures du PNUEA ;
- Un système intégré de certification hydrique et énergétique sera la voie par laquelle ce programme se déclinera, comme l'aboutissement d'un processus sérieux et engagé pour l'utilisation efficace de l'eau ;
- · La mise en œuvre efficace du PNUEA nécessite encore l'articulation avec d'autres mécanismes de gestion : Plano Nacional da Água (PNA), Planos de Gestão de Região Hidrográfica (PGRH), Plano Estratégico Nacional para o setor de Abastecimento de Água e de Saneamento de Águas Residuais (PENSAAR 2020), Plano Nacional de Ação para a Eficiência Energética (PNAEE) ;
- L'option stratégique centrale de la politique de l'environnement repose sur la gestion efficace des ressources. La stratégie d'exécution du PNUEA, sous le mot d'ordre « Água com futuro », est une pièce fondamentale pour une nouvelle politique de l'eau au Portugal ;
- Un autre des volets de la prévention concerne l'augmentation de la préparation et de la capacité de réponse aux impacts du Changement Climatique, à travers les mesures d'action proposées dans la Estratégia Nacional de Adaptação às Alterações Climáticas (ENAAC), notamment celles qui portent sur les secteurs des ressources en eau et de l'agriculture et des forêts
Le Rapport de Progrès de cette stratégie a été achevé en 2013, dans lequel les secteurs représentés ont inventorié les mesures d'adaptation en réponse aux vulnérabilités sectorielles. Actuellement, l'ENAAC est dans sa 2ème phase de mise en œuvre, suite à l'approbation de la Résolution du Conseil des Ministres nº 56/2015, du 30 juillet, qui a institué le Quadro Estratégico para a Política Climática (QEPiC), et qui inclut comme instruments d'opérationnalisation le Programa Nacional para as Alterações Climáticas (PNAC 2020/2030) et le Sistema Nacional de Políticas e Medidas (SPeM) en ce qui concerne le volet de l'atténuation et l'ENAAC 2020, pour l'adaptation.
Outre le PNUEA et l'ENAAC, le présent Plan a également tenu compte d'autres Programmes et Stratégies Nationaux, notamment :
- · Programa de Ação Nacional de Combate à Desertificação - PANCD
- · Estratégia Nacional para as Florestas
- · Estratégia Nacional de Conservação da Natureza e da Biodiversidade – ENCNB.
La prévention de la survenue de sécheresses a pour objectif la création de conditions pour la mise en œuvre d'une réponse structurée à ces événements, en vue de l'atténuation de leurs impacts. Cette réponse a des composantes structurelles, basées sur la construction de structures qui permettent d'augmenter la disponibilité ou de diminuer la dégradation de la qualité des ressources en eau en situations de carence, et non structurelles, basées sur divers types de mesures – d'aménagement de l'utilisation du sol, de création de règlements, de prévision et de suivi, et encore, de sensibilisation. Ces dernières visent à alerter la conscience des agents économiques et des populations sur les phénomènes de sécheresse, afin de faciliter la mise en œuvre de mesures préventives d'utilisation efficace de l'eau dans les situations normales et de mesures de restriction et correctives au cours des phénomènes de sécheresse. On considère que la définition claire de la situation, ainsi que l'élaboration de plans de contingence, constituent des mesures d'importance primordiale pour l'amélioration de la conscience des agents utilisateurs d'eau et, par conséquent, contribuent de manière décisive à la préparation, la participation et l'acceptation des restrictions qu'il pourrait être nécessaire de mettre en œuvre pendant les épisodes de sécheresse. Ce fut le principal objectif qui a conduit à un traitement détaillé de ces aspects dans le présent Plan. La surveillance des ressources en eau permet de connaître en temps réel le niveau des réserves et d'anticiper la mise en œuvre des mesures nécessaires, qui conduisent à une économie d'eau. Ce suivi systématique est effectué en des points stratégiques définis dans le Programa de Vigilância e Alerta de Secas (PVAS) qui, étant représentatifs de la réalité hydrologique nationale, constituent une mesure de prévention de type non structurel.
Parmi les mesures structurelles, méritent une attention particulière les mesures préventives de régularisation du cycle hydrologique, notamment celles qui favorisent l'infiltration et la recharge des aquifères. En effet, les aquifères sont généralement plus résilients aux années de sécheresse, permettant de mettre à disposition des volumes d'eau appréciables ces années-là.
Les cultures permanentes irriguées sont économiquement plus sensibles aux situations d'indisponibilité absolue d'eau que les cultures temporaires. En effet, la faillite d'une culture permanente implique la perte de tout ou presque tout l'investissement d'établissement du verger, ce qui représente d'importants préjudices. Pour les éviter, on reconnaît que ces cultures nécessitent un minimum d'application d'eau en années de sécheresse (l'irrigation de survie). Si un périmètre irrigué donné présente une grande prédominance de vergers, l'eau disponible en année de sécheresse pourrait ne pas suffire à assurer ce minimum à tous. Ainsi, on préconise que la planification agricole des périmètres irrigués prenne en compte cette réalité, en évitant les situations de dépendance d'une zone trop étendue de vergers, et que sa planification à long terme tienne compte du type de cultures, par rapport au type de sol et au climat, l'utilisation de méthodes d'irrigation plus efficaces, la diminution des pertes d'eau dans les systèmes de distribution de l'irrigation et l'adéquation des quantités d'irrigation aux besoins en eau des cultures.
Au niveau de l'exploitation agricole, en particulier dans celles en sec, un ensemble de petites actions et adaptations pourraient être bénéfiques à plusieurs égards, notamment dans l'amélioration de la valorisation de l'eau de pluie ou dans la réutilisation des eaux usées traitées, minimiser les pertes d'eau utilisée pour l'irrigation à travers l'évapotranspiration, le ruissellement de surface et la percolation profonde. Pour la diminution de l'évaporation de l'eau du sol, on pourra utiliser des barrières contre le vent, une couverture en matière végétale améliorant le bilan hydrique ou des mobilisations superficielles du sol.
Le tableau suivant présente une liste de mesures de prévention de la sécheresse, classées selon leur caractère structurel ou non structurel.
Tableau 2 - Liste de mesures de prévention de la sécheresse classée par caractère structurel ou non structurel.
| Mesures structurelles | Mesures non structurelles |
|---|---|
| Actions de régularisation du cycle hydrologique : • Reboisement ; • Mesures de conservation du sol et de l'eau. | Définition claire de(s) état(s) de sécheresse. |
| Identification des zones de pénurie d'eau (sécheresse structurelle) et mesures d'augmentation de l'offre (construction de réserves d'eau). | Élaboration de plans de contingence. |
| Réutilisation des eaux usées traitées pour l'irrigation. | Promotion de campagnes de sensibilisation pour l'utilisation responsable de l'eau dans les zones urbaines. |
| Lutte contre les captages illégaux d'eau. | Veiller à un équilibre entre cultures permanentes et temporaires en fonction des ressources des aménagements hydro-agricoles. |
| Réduction des ruptures et fuites d'eau dans les systèmes de distribution urbains et d'irrigation. | Allocation de fonds pour : (i) l'exécution de forages de captage en années de sécheresse ; (ii) les travaux de maintenance de forages de réserve. |
| Recherche et sélection de dispositifs, techniques et produits visant à réduire les pertes d'eau par évaporation. | Soutien à la constitution d'assurances agricoles sécheresse. |
5. Stratégies pour améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau lors d'épisodes de sécheresse
L'efficacité de l'utilisation de l'eau est conditionnée tant par les infrastructures et installations nécessaires à son transport, distribution et application, que par la gestion qui en est faite, ainsi que par des aspects agronomiques. En outre, il est opportun de classer les stratégies d'amélioration de l'efficacité en fonction de leur échelle d'application : aménagement hydro-agricole ou exploitation. Sont décrites ci-après diverses stratégies d'amélioration de l'efficacité dans l'utilisation de l'eau à l'échelle de l'aménagement hydro-agricole et de l'exploitation, et classées selon la manière dont elles affectent les infrastructures et installations hydrauliques et la gestion, ou se rapportent à des aspects agronomiques.
5.1. Stratégies d'amélioration de l'efficacité de l'utilisation de l'eau à l'échelle de l'aménagement hydro-agricole
L'amélioration de l'efficacité de l'utilisation de l'eau inclut tant l'action sur les infrastructures hydrauliques, la gestion et l'amélioration, que l'action sur les aspects agronomiques.
5.1.1. Installations hydrauliques
Les principales actions sur les installations hydrauliques sont :
a) Modernisation du système de distribution d'eau.
La transformation des systèmes ouverts de transport et de distribution d'eau en réseaux sous pression, bien que leur fonctionnement implique des coûts énergétiques, est une action qui améliore l'efficacité dans le transport et la distribution d'eau à l'échelle de l'aménagement hydro-agricole, acquérant une importance particulière en situation de pénurie.
b) Systèmes de stockage.
Chaque fois que cela est possible (disponibilité d'espace et autorisations administratives correspondantes), il est recommandé de disposer de réservoirs de stockage pour minimiser la réduction des dotations en situation de pénurie.
5.1.2. Gestion des installations hydrauliques
Sont présentées ci-après certaines des actions possibles relatives à la gestion des installations :
a) Maintenance du système hydraulique : Inspections des installations de l'aménagement hydro-agricole, détection et réparation des fuites, remplacement des équipements de pompage au fonctionnement inefficace, etc. Une maintenance adéquate minimise les pertes d'eau dans les moments de pénurie.
b) Optimisation du fonctionnement des stations de pompage : Régulation des stations de pompage ajustée à l'intervalle de débits et pressions du système pour éviter une consommation inutile d'énergie, en optimisant le bon fonctionnement du système et sa durabilité.
c) Modification de la gestion ordinaire des installations : Dans la région de l'Alentejo, il existe des aménagements hydro-agricoles dont le système de distribution est mixte, ouvert (canaux) depuis le point de captage jusqu'aux stations de pompage et de là jusqu'aux bornes d'irrigation à travers des réseaux sous pression. La gestion de ce type d'installations est complexe et exige des débits minimaux dans le canal. Ainsi, en situation de pénurie, l'irrigation à la demande est temporairement suspendue, et la demande se concentre sur des tours d'irrigation associés à des périodes durant lesquelles le canal aura un débit adéquat, en distribuant l'allocation disponible pendant cette période.
5.2. Stratégies pour améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau à l'échelle de l'exploitation ou de la parcelle
Au niveau de la parcelle, il est possible d'améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau par des interventions sur l'installation d'irrigation, sur sa gestion et sur les aspects agronomiques.
5.2.1. Installations d'irrigation
a) Transformation en systèmes d'irrigation efficaces.
Le choix du système d'irrigation et l'élaboration d'un projet sont des facteurs déterminants pour la durabilité et l'efficacité dans l'utilisation de l'eau, car ils conditionnent l'uniformité de la distribution, la réduction des pertes et l'adaptation aux besoins spécifiques des cultures et du sol. Un bon projet de système d'irrigation garantit la distribution uniforme de l'eau sur toute la surface, ce qui est essentiel pour la croissance homogène des cultures et l'augmentation de la production. De plus, une bonne gestion de l'irrigation réduit ou prévient les pertes d'eau par ruissellement de surface, infiltration profonde, évaporation et dérive, rapprochant la lame totale appliquée ou lame brute de la lame correspondant aux besoins ou lame nette.
Ainsi, avec une bonne conception du système d'irrigation, on pourra obtenir une bonne efficacité d'application. Les systèmes d'irrigation localisée, au goutte-à-goutte, permettent une application précise de l'eau directement dans la zone racinaire des plantes, en minimisant les pertes.
D'autre part, chaque culture et type de sol a des besoins en eau différents. Un système d'irrigation bien conçu peut être ajusté pour satisfaire ces besoins spécifiques (dotations et intervalles d'irrigation), devant être projeté en fonction de la disponibilité d'eau, du type de sol, de la culture et de la stratégie d'irrigation, en optimisant l'utilisation de l'eau et en améliorant la productivité des cultures.
b) Inspection et Maintenance des systèmes d'irrigation :
L'optimisation des systèmes d'irrigation doit se baser sur des inspections réalisées par une entité ayant cette compétence, comme le COTR. Ce service technique permet de vérifier l'état de fonctionnement de l'équipement et de le comparer aux conditions potentielles, traduites dans le projet d'exécution ; avec l'objectif de faire connaître ou informer les irrigants sur les caractéristiques actuelles de fonctionnement des équipements, en déterminant les réelles dotations d'irrigation, l'uniformité et l'efficacité et en fournissant des recommandations à l'irrigant concernant les améliorations à introduire dans les systèmes d'irrigation et dans la gestion.
c) Stockage et réutilisation de l'eau :
La construction de mares/dépôts pour stocker l'eau, afin de minimiser la sécheresse saisonnière. Ainsi que la réutilisation d'eau résiduelle traitée, notamment des systèmes de filtration.
5.2.2. Gestion de l'irrigation
Pour développer des stratégies d'utilisation efficace de l'eau d'irrigation, comme l'irrigation déficitaire, il est nécessaire de connaître la quantité d'eau qui peut être réduite sans diminuer le rendement et la qualité des cultures. Cela dépend, entre autres facteurs, des phases de développement de la culture.
Pour utiliser ces techniques, il est indispensable de connaître les périodes les plus et moins sensibles de la culture au déficit hydrique et son impact sur la production finale et la qualité. Actuellement, ces étapes plus sensibles au déficit hydrique sont connues pour la majorité des cultures. Les techniques d'irrigation déficitaire s'appliquent principalement aux cultures ligneuses. Comme appui à la mise en œuvre d'irrigations déficitaires, on peut consulter le document de la FAO 66 sur la variation du rendement des cultures en fonction de l'eau disponible, comme introduction à cette thématique.
Il existe différentes techniques d'irrigation déficitaire :
- a) Irrigation déficitaire contrôlée : consiste à réduire la dotation d'eau seulement aux phases de la culture moins sensibles au manque d'eau, sans compromettre le rendement (tant en quantité qu'en qualité), c'est-à-dire sans mettre en risque la viabilité de l'exploitation.
- b) Irrigation déficitaire soutenue : se base sur une réduction proportionnelle à la consommation optimale d'eau par la culture, distribuée de manière constante tout au long de la saison d'irrigation.
- c) Irrigation partielle de la zone racinaire (Partial Root Drying) : se base sur l'alternance des zones de sol humide. Pendant qu'une partie des racines est dans la zone humide, l'autre partie reste dans la zone sèche. Toutes les 2-3 semaines, la zone humide est alternée avec la zone sèche. Les techniques d'irrigation déficitaire peuvent être très intéressantes et donner de bons résultats dans de nombreux cas. Leur efficacité dépend du système d'irrigation, du type de sol et de l'adaptabilité de la culture. Dans la région de l'Alentejo, cette pratique a peu d'expression dans l'adhésion de la part des irrigants.
5.2.3. Aspects agronomiques
Au niveau de la parcelle, les principales pratiques agronomiques destinées à améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau d'irrigation sont :
a) Gestion du sol : Améliorer la capacité de rétention d'eau du sol par l'incorporation de matière organique (compost et fumier) et la mobilisation minimale facilite l'infiltration de l'eau et augmente la capacité de rétention d'eau du sol. L'utilisation de plantes de couverture et de couverture morte (mulching) aide à réduire tant l'évaporation directe de l'eau du sol que l'érosion et la formation de croûtes superficielles, facilitant ainsi l'infiltration.
b) Sélection de cultures et variétés : Le choix d'espèces ou de variétés qui nécessitent moins d'eau ou qui ont des cycles de croissance plus courts peut contribuer à la réduction de la pression sur les ressources en eau.
c) Optimisation du calendrier de plantation/semis et récolte : L'ajustement des dates de plantation en fonction des prévisions météorologiques et des cycles végétatifs des espèces aide à éviter les phases critiques de déficit hydrique des cultures pendant les périodes les plus sèches et chaudes.
Ces actions, bien que fréquemment considérées comme complémentaires, jouent un rôle fondamental dans le développement de systèmes agricoles plus efficaces et résilients face à la pénurie d'eau.
6. Stratégies numériques pour faire face plus efficacement aux épisodes de sécheresse
L'efficacité des mesures sur les infrastructures hydrauliques et agronomiques décrites au point précédent, mises en œuvre à l'échelle de l'aménagement hydro-agricole et/ou de l'exploitation, peut être améliorée par des actions basées sur des outils numériques. Pour faire face à une situation de moindre disponibilité d'eau dans une irrigation collective comme dans un aménagement hydro-agricole, il est nécessaire de prendre des décisions efficaces.
Ne pas disposer de l'eau nécessaire implique de mettre en œuvre des restrictions par rapport à la situation de normalité afin que les cultures puissent atteindre la récolte. En même temps, les stratégies mises en œuvre peuvent être très différentes en fonction des infrastructures de transport et de distribution d'eau dont dispose l'aménagement hydro-agricole et de leur efficacité. L'objectif des actions décrites dans la section précédente est de minimiser l'impact de la réduction des dotations sur la production. L'efficacité de telles actions peut être améliorée par l'utilisation d'outils numériques, avec l'appui des techniciens de l'aménagement hydro-agricole.
Sont décrites ci-après diverses actions dans lesquelles seront appliquées plusieurs technologies numériques analysées dans l'activité 2.5 du projet Smart Green Water. Développement conjoint d'une méthode de caractérisation des solutions disponibles sur le marché et des livrables respectifs, en particulier le 2.5.3 de Recommandations aux utilisateurs pour le choix de l'outil le plus approprié parmi ceux disponibles sur le marché. L'accent sera mis sur la manière d'utiliser les différents outils numériques pour réduire la consommation d'eau en situations de pénurie.
6.1. Inventaire des cultures sur systèmes d'information géographique et télédétection
Les aménagements hydro-agricoles en situations de normalité disposent habituellement de l'occupation culturale annuelle des parcelles irriguées et des cultures que l'on souhaite implanter. Si cet inventaire est stocké à chaque campagne d'irrigation sur un système d'information géographique (base de données géoréférencées qui se visualise sous forme de cartes), il facilite considérablement l'identification des parcelles avec des cultures permanentes (ligneuses) et avec des cultures d'implantation annuelle (herbacées). Cette information peut être consultée par aménagement hydro-agricole, sur leurs pages web ou dans le document annuel publié et ensuite toute l'information des aménagements hydro-agricoles est intégrée par l'autorité de l'irrigation, la DGADR – Direção Geral de Agricultura.
Avec cette information, l'aménagement hydro-agricole peut planifier une distribution de l'eau sur la base des critères suivants :
- a) Réductions spécifiques établies dans le Plano de prevenção e contingência para situações de seca ;
- b) Priorité à la survie des cultures ligneuses pluriannuelles, conformément à ce que détermine la loi sur l'eau ;
- c) Quantification de la zone avec cultures irriguées et détermination du volume par unité de zone possible de distribution, après avoir pris en compte l'efficacité du transport et de la distribution de l'eau dans les infrastructures de l'aménagement.
Par la suite, l'aménagement hydro-agricole doit faire sa gestion et planification sur la base des disponibilités/concession, des inscriptions de zones, de l'occupation culturale et des besoins en irrigation, comme on peut le consulter, à titre d'exemple modèle, le Plano de Utilização Anual de Água no EFMA .
6.2. Outils numériques pour la gestion, surveillance et contrôle de l'irrigation en situations de sécheresse
Au point 6.2 sont décrits les outils numériques qui permettent, depuis l'estimation des besoins des cultures sur la base de données climatiques, jusqu'aux systèmes d'aide à la décision de dernière génération pour la gestion de l'irrigation en conditions de pénurie.
6.2.1. Estimation des besoins en eau pour l'irrigation sur la base du calcul de l'évapotranspiration de la culture et de la planification de l'irrigation
La détermination de l'évapotranspiration de la culture - ETc - se fait normalement à partir de l'évapotranspiration de la culture de référence – ETo –, en l'affectant d'un coefficient – coefficient cultural - Kc, c'est-à-dire :
- ETc Évapotranspiration de la culture (mm)
- ETo Évapotranspiration de la culture de référence (mm)
- Kc Coefficient cultural (–)
Le coefficient cultural, Kc, représente la relation entre l'évapotranspiration culturale et l'évapotranspiration de la culture de référence, comportant l'intégration de l'effet conjoint de quatre caractéristiques qui distinguent l'évapotranspiration culturale de l'évapotranspiration de la culture de référence : la hauteur de la culture, la résistance de la surface relative à la culture-sol, l'albédo de la surface culture-sol et l'évaporation du sol.
L'information de base pour la détermination des besoins en eau des cultures est l'information agrométéorologique nécessaire pour estimer l'évapotranspiration de référence (ETo), consistant en la température de l'air, l'humidité relative de l'air, la vitesse du vent et la radiation solaire globale.
Une autre information de base nécessaire concerne la caractérisation des principales phases de développement végétatif de la culture, la durée et l'identification des périodes durant lesquelles la culture est plus ou moins sensible au stress, cette information étant ajustée aux conditions réelles de la région.
Dans les cultures à faible densité, comme c'est le cas des vergers, l'ETc est affectée par un facteur de réduction (Kr), qui permet de comptabiliser seulement la surface de la culture, sans considérer, par conséquent, l'évaporation ou la transpiration non associées à la culture. La valeur de ce coefficient dépend de la culture (écartement ou espacement, défini par les distances sur la ligne et l'inter-ligne). Dans les vergers avec un pourcentage de couverture du sol par la végétation (Sc) inférieur à 40 à 60%, l'ETc devra être ajustée en fonction de ce pourcentage, à travers l'estimation du Sc et Kr de la manière suivante :
- Kr Coefficient de réduction de l'évaporation (–)
- Sc Pourcentage du sol couvert par la canopée de la culture (%)
- D Diamètre moyen des arbres (m)
- N Nombre d'arbres par hectare
Pour la détermination des besoins en eau de l'amandier, on a utilisé la méthodologie de Girona (2006), en tenant compte des plantations adultes avec une couverture supérieure à 50% et, pour les plantations jeunes, on a considéré un développement moyen équivalent à 2 ans.
Pour la détermination des besoins en eau des fleurs, du bambou et des cactus (figues de Barbarie), on a suivi la méthodologie spécifique adaptée aux espaces verts (Costello et al., 2000), et on a déterminé l'évapotranspiration du paysage (ETL), en tenant compte de trois facteurs : type de végétation ou espèce (Kv ou Ke) qui compose l'espace vert, la densité de plantation (Kd) et les conditions microclimatiques (Km).
- ETL Évapotranspiration du paysage (mm)
- ETo Évapotranspiration de la culture de référence (mm)
- Ke Coefficient de l'espèce / type de végétation (–)
- Kd Coefficient de densité de plantation (–)
- Km Coefficient des conditions microclimatiques (–)
Le Manual de Riego de Jardines (Alabarces et al., 2004) présente les coefficients considérés dans les calculs.
La détermination des besoins en irrigation nets résulte du bilan hydrique simplifié mensuel entre l'ETc et la précipitation effective. Sur la base de la surveillance des précipitations, on estime la précipitation effective par la méthode SCS-USDA (Service de Conservation du Sol du Département de l'Agriculture des États-Unis).
- Pefetiva Précipitation effective (mm)
- Ptotal Précipitation totale mensuelle (mm)
L'évaluation des besoins en irrigation des cultures au niveau de la parcelle a recours aux valeurs indicatives d'efficacité d'application selon les méthodes/systèmes d'irrigation (Tableau 3), qui supposent des systèmes bien conçus et bien entretenus (Pereira, 2005). Les valeurs expriment l'efficacité de l'utilisation de l'eau en aval de la zone de contrôle des aménagements hydro-agricoles (parcelle).
Tableau 3 – Valeurs d'efficacité d'irrigation à la parcelle (adapté de PEREIRA, 2005).
| Méthode/Système d'Irrigation | Efficacité d'irrigation (%) |
|---|---|
| Irrigation sous pression | |
| Irrigation goutte à goutte | 85-95 |
| Irrigation par aspersion | 65-85 |
| Irrigation par Pivot | 75-85 |
| Micro-aspersion | 85-95 |
| Canon | 55-70 |
| Irrigation gravitaire | |
| Irrigation gravitaire (sillons) | 45-70 |
| Irrigation du riz, planches en submersion | 50-70 |
Dans le prolongement de la programmation de l'irrigation basée sur la détermination des besoins en irrigation, ont été développées des applications comme le Calendário de Rega qui permettent de calendariser et planifier l'irrigation sur la base du bilan hydrique simplifié. Parallèlement existe la PARE - Plataforma de Avisos de REga pour la région de l'Algarve, dont la portée sera prochainement élargie à la région de l'Alentejo, et qui est projetée pour atteindre une portée nationale.
La plateforme PARE est une plateforme d'accès gratuit, destinée à fournir des informations centralisées sur les besoins en irrigation aux agriculteurs intégrés dans les aménagements hydro-agricoles et à ceux d'irrigation individuelle, afin de contribuer à la réduction des coûts de production et d'augmenter la compétitivité des entreprises agricoles dans l'utilisation de l'eau. Elle repose sur des informations météorologiques, actuelles et de prévision, et sur des méthodologies adéquates pour le calcul des dotations d'irrigation pour diverses cultures agricoles et espèces ornementales.
Elle vise ainsi à promouvoir une plus grande efficacité de l'utilisation de l'eau par les agriculteurs irrigants, à travers l'amélioration de la gestion de l'irrigation, en garantissant également une réduction des pertes d'eau par ruissellement et percolation.
6.2.2. Utilisation de capteurs pour l'aide à la décision de l'irrigation
Actuellement, il existe une large gamme d'équipements qui permettent la surveillance de paramètres qui affectent l'état hydrique des cultures. Ces systèmes sont composés de capteurs avec une communication de type Internet des Objets (IoT), ce qui permet l'accès aux valeurs enregistrées en temps réel à partir de tout dispositif avec connexion Internet.
Les équipements de surveillance pour l'appui à la gestion de l'irrigation doivent fournir des informations sur (i) les quantités d'eau à appliquer, (ii) le bon moment d'irrigation et (iii) permettre le diagnostic correct des niveaux de stress appliqués, améliorant ainsi la connaissance sur les impacts des stratégies d'irrigation (déficitaire) appliquées. Ces équipements peuvent être installés sur la plante ou dans le sol. Étant donné que tous les équipements présentent des avantages et des inconvénients, pour une caractérisation rigoureuse, il peut être nécessaire de recourir à plus d'un type d'équipement.
Les capteurs de surveillance de la teneur en humidité du sol sont les systèmes les plus généralisés chez les irrigants. Ces systèmes sont normalement constitués de capteurs qui enregistrent l'humidité à différents niveaux de profondeur du sol, permettant de connaître la dynamique de l'eau dans le processus de distribution dans le profil ainsi que son extraction par le système racinaire des cultures. Avec ce contrôle, il est possible de réaliser des ajustements précis dans la gestion de l'irrigation pour éviter l'excès ou le manque d'eau, permettant de réduire drastiquement les pertes d'eau (drainage, ruissellement, évaporation) et de reconstituer l'eau transpirée des jours ou heures précédents.
Une autre option est la mise en place de capteurs au niveau de la plante, ayant recours soit à la mesure directe de l'état hydrique (potentiel hydrique foliaire) soit à des mesures indirectes qui se basent sur la réaction de la plante à l'état hydrique, comme par exemple l'utilisation de dendromètres. La mesure du potentiel hydrique est une méthode assez robuste qui permet de déterminer avec précision et fiabilité l'état hydrique de la culture, étant actuellement possible l'automatisation totale de ce système avec l'installation de micro-tensiomètres sur la plante qui permet de surveiller le potentiel hydrique en enregistrement continu. Un autre type d'équipements également très utiles pour détecter le stress hydrique sont les dendromètres. Ceux-ci permettent de mesurer en continu la variation du diamètre du tronc et d'établir plusieurs indicateurs de stress hydrique comme par exemple la contraction maximale journalière ou la croissance journalière, entre autres.
L'utilisation de ces systèmes de surveillance de la teneur en humidité dans le sol et de l'état hydrique de la plante au niveau de la parcelle permet d'ajuster les recommandations d'irrigation proposées par les systèmes d'avis aux conditions spécifiques de chaque exploitation, améliorant ainsi l'efficacité de l'utilisation de l'eau en situations de pénurie et minimisant les pertes de production.
6.2.3. Télédétection : Satellites et drones
La Télédétection est un outil qui permet d'obtenir des informations sur des objets situés à la surface terrestre, sans nécessité de contact physique direct. Cela se fait par la détection et l'enregistrement de l'énergie que les objets reflètent ou émettent, en utilisant des capteurs spécialisés. La télédétection peut être passive ou active, selon que la captation de la radiation est naturelle (lumière visible ou les bandes de l'infrarouge réfléchi et thermique) ou est émise par le capteur et ensuite réfléchie par les objets (radar, laser). L'application de la télédétection permet de déterminer avec une précision élevée quelle culture est implantée sur chaque parcelle, et si elle est irriguée. Il est possible d'estimer l'évapotranspiration réelle des cultures à partir de la température de la surface terrestre obtenue à travers l'analyse d'images, qui mesurent la radiation infrarouge thermique et déterminer leurs besoins en irrigation.
Au niveau régional, il est possible d'estimer avec une certaine précision (selon la culture) l'eau évapotranspirée dans la zone de couverture d'un aménagement hydro-agricole et de réaliser un suivi automatisé et périodique des surfaces d'irrigation, des surfaces de cultures et des consommations totales d'eau, facilitant ainsi la gestion des ressources en eau de l'aménagement hydro-agricole en situations de pénurie. Il existe l' outil d'usage public développé par l'IFAP (iSIP) qui peut être utilisé pour réaliser des inventaires de parcelles/cultures. D'autres plateformes de traitement d'images satellites gratuites facilitent le suivi des surfaces d'irrigation et appuient la gestion de la culture et de l'irrigation, telles que Sentinel Hub , Google Earth Engine , et l'APP Onesoil, entre autres.
Les drones fournissent des informations similaires à celles des satellites, avec une résolution spatiale beaucoup plus élevée (de l'ordre des cm), mais avec un coût plus élevé (réalisation du vol et traitement des images), en raison de la non-disponibilité de cette information sur des plateformes ouvertes.
6.2.4. Systèmes de mesure et contrôle de l'irrigation : compteurs et manomètres numériques
Pour maximiser l'efficacité de l'utilisation de l'eau d'irrigation, il est nécessaire, en plus d'ajuster la dotation d'eau à appliquer, de contrôler le système hydraulique de distribution d'eau de l'aménagement hydro-agricole, afin d'éviter les pertes d'eau, en détectant la survenue de ruptures et fuites, en particulier durant les périodes de pénurie et de gérer les opérations du système pour qu'elles interfèrent au minimum avec l'irrigation des différentes exploitations de l'aménagement hydro-agricole.
L'utilisation de capteurs de pression avec connexion IoT aux points clés du système hydraulique (stations de pompage, conduites principales, bornes d'irrigation) facilite la détection précoce des pannes et fuites (occurrence et localisation), importante dans la réduction des pertes d'eau. Une diminution soudaine de la pression aux points d'échantillonnage par rapport aux valeurs normales/projetées indique des pertes ou un mauvais fonctionnement. Des systèmes d'alerte peuvent être configurés sur des dispositifs mobiles et ordinateurs pour surveiller les variations de pression en utilisant des plateformes de communication IoT, en notifiant les utilisateurs/techniciens d'irrigation sur de possibles défaillances dans leurs systèmes hydrauliques.
L'intégration de compteurs numériques tant au niveau de l'aménagement hydro-agricole (par exemple, aux sorties des stations de pompage) qu'au niveau de l'exploitation agricole (aux bornes d'irrigation) permet la mesure précise de l'eau d'irrigation et la consommation d'eau en temps réel. Cela facilite également la détection précoce des pertes (dues à des défaillances du système ou à des zones d'irrigants non autorisés), entraînant une économie d'eau. De plus, l'installation de systèmes de contrôle volumétrique connectés à des plateformes numériques permet la surveillance détaillée de la consommation d'eau, ce qui est essentiel pour améliorer la transparence et la traçabilité dans la gestion de l'irrigation.
En mettant en œuvre des technologies avancées, comme des débitmètres, la télégestion et l'analyse de données en temps réel, les agriculteurs peuvent surveiller avec précision l'eau utilisée dans leurs cultures. Cela permet non seulement des ajustements dynamiques dans l'irrigation sur la base des besoins spécifiques de chaque parcelle, mais aide également à éviter le gaspillage d'eau et à optimiser les coûts de production à travers le contrôle précis du système d'irrigation.
6.2.5 Systèmes avancés de gestion de l'irrigation : Systèmes prédictifs et Jumeaux numériques
L'information historique enregistrée par les capteurs tant locaux (dans le système atmosphère-sol-plante et dans les installations hydrauliques) que distants, permet d'alimenter des systèmes prédictifs basés sur des algorithmes d'intelligence artificielle comme les réseaux neuronaux avec différents niveaux de complexité. Ces algorithmes peuvent estimer, avec des erreurs de prédiction de l'ordre de 2%, le besoin en eau à l'échelle de l'aménagement hydro-agricole pour les 7 jours suivants, à partir de l'occupation culturale, des enregistrements de compteurs de bornes d'irrigation et du climat. Cette information permet d'optimiser la gestion tant de la ressource en eau en situations de pénurie, que de l'énergie nécessaire au fonctionnement des systèmes d'irrigation, avec l'ajustement conséquent des coûts d'irrigation et leur répercussion sur la rentabilité des exploitations.
Les aménagements hydro-agricoles ou les entreprises agricoles à haut niveau de numérisation ont la possibilité de mettre en œuvre des systèmes d'aide à la décision de dernière génération, comme les jumeaux numériques, qui intègrent les différents outils décrits précédemment (depuis les capteurs IoT, la télédétection, la modélisation hydraulique, les systèmes prédictifs). Un jumeau numérique d'un aménagement hydro-agricole ou d'une entreprise agricole est une réplique virtuelle du système de distribution d'eau depuis le point de captage (station de pompage, points de captage de la rivière/barrage) jusqu'aux bornes d'irrigation à la parcelle, qui est connectée au système réel à travers un réseau d'équipements (débitmètres et capteurs de pression) en temps réel. L'opérateur du système peut simuler le comportement du réseau du bloc d'irrigation/aménagement hydro-agricole, en considérant les caractéristiques réelles, fournies par la surveillance avec les équipements, face à de multiples scénarios de fonctionnement, par exemple, la variation de la dotation d'eau selon la culture ou groupe de cultures associées à chaque borne d'irrigation.
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DGADR — Direção-Geral de Agricultura e Desenvolvimento Rural .
Matériels du livrable
Document technique complet du livrable D2.4.x du projet Smart Green Water.
Estratégias para a gestão da escassez no Alentejo final.docx
Autres territoires
Comparez comment la sécheresse est gérée dans les autres territoires SUDOE.